Vous l’avez peut-être constaté : le prix d'un médicament peut être différent s'il est remboursé ou non par la Sécurité sociale. Vous vous demandez aussi si les génériques sont réellement moins chers que les médicaments de marque. Faisons ensemble un tour d’horizon sur les prix des médicaments.
Médicaments remboursés : des prix définis par le CEPS
Depuis un peu plus de 10 ans, les vignettes ont disparu des boîtes de médicaments. Désormais, vous pouvez retrouver le prix d’un médicament remboursé sur la base de données publique des médicaments.
- Le prix des médicaments remboursés est fixé par le Comité économique des produits de santé (CEPS). Il est identique sur l’ensemble du territoire.
- Les médicaments remboursés bénéficient d’une TVA réduite à 2,1 %.
Médicaments non remboursés : des prix libres
- Les médicaments non remboursés bénéficient d’un prix libre. Celui-ci dépend de la politique commerciale de la pharmacie.
- La TVA est de 10 % sur les médicaments non remboursés en prix libre.
- Il existe des médicaments délivrés uniquement sur ordonnance dont les prix restent libres (certaines pilules, par exemple), faute d’avoir obtenu le remboursement par l’Assurance maladie.
Médicaments sans ordonnance : dose exonérée pour réduire le mésusage ou la prise inadéquate
Un médicament acheté sans ordonnance ne contient parfois pas le même nombre de comprimés que celui qui vous a été délivré sur ordonnance, alors que le principe actif et le dosage sont identiques. Cela peut vous surprendre, surtout si la différence de prix est importante.
- Cette situation s’explique par la dose ou le nombre de comprimés maximum autorisé par boîte pour une délivrance sans ordonnance. On parle alors de dose exonérée.
- Cette mesure vise à limiter le risque d’une prise inadéquate (trop longue) sans avis médical ou d’un mésusage (surdosage…).
- Elle contribue aussi à améliorer l’observance : en adaptant la quantité au besoin immédiat, on incite à suivre la durée de traitement recommandée.
- De plus, ces limitations participent à une logique anti-gaspillage, en évitant la conservation inutile de médicaments non utilisés (MNU) à domicile, source fréquente d’automédication inappropriée ou de déchets médicaux.
- Votre pharmacien pourra vous déconseiller l’achat de plusieurs boîtes. En règle générale, la durée de traitement des médicaments sans ordonnance ne doit pas dépasser 5 jours, et/ou doit être conforme à celle indiquée dans la notice du médicament [1].
Des médicaments remboursés… sans ordonnance
Depuis 2023, votre pharmacien peut prescrire et administrer certains vaccins pour les patients à partir de 11 ans, et, sous conditions, des antibiotiques pour une angine ou une cystite. Dans ces cas, vous bénéficiez du tiers payant.
Le vrai prix des médicaments génériques
Un médicament générique est initialement 40 % moins cher que le médicament princeps (médicament original protégé par brevet) au moment de la chute du brevet. Après 18 mois, son prix baisse encore de 7 %.
Il arrive aussi que le prix du médicament princeps soit aligné sur celui du générique dans le cadre du tarif forfaitaire de responsabilité (TFR), lorsque les économies attendues ne sont pas au rendez-vous [2] ou à la demande du laboratoire du médicament princeps.
Selon l’Assurance maladie, les médicaments génériques permettent d’économiser actuellement 1,6 milliard d’euros par an.
Ce qu’il faut retenir
- Lorsqu’un médicament est remboursé par l’Assurance maladie, son prix est fixé par le CEPS, qu’il soit délivré avec ou sans ordonnance.
- Les médicaments non remboursés, vendus sans ordonnance, peuvent contenir le même principe actif et le même nombre de comprimés (ou parfois moins), mais leur prix est libre.
Sources :
- Suppression de la vignette : information aux pharmaciens
- Règles générales de prescription et de délivrance des médicaments non soumis à prescription
- Le médicament : un secteur dont les prix sont administrés 06032025
- Pourquoi utiliser les médicaments génériques.
[2] Le médicament : un secteur dont les prix sont administrés 06032025 - https://www.leem.org/prix-resultats-et-fiscalite-des-entreprises
Dr Jean Michel Mrozovski